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Les vieux meurent de faim et de misère
- n° Retraites : La Vérité n° 128, 21 juin 1946

Légende de la photo : un vieux travailleur de 75 ans vendant, pour survivre, des journaux dans le rue, en 1946.


16 000 francs par an pour un ménage de vieux travailleurs qui vit à Paris. Tout juste de quoi crever de faim à petit feu.

Et pas un sou pour ce qui n’ont pu fournir un certificat de travail de cinq ans.

Pas un sou pour les petits commerçants, les petits artisans, les travailleurs des professions libérales...

Il leur faut choisir entre la misère et la famine dans leur modeste foyer ou Nanterre et Bicêtre, c’est-à-dire : la caserne, l’uniforme et la discipline.
Avec une constituante à majorité communiste – socialiste, les vieux pouvaient se dire : « quelque chose a changé... » Hélas ! Rien n’a changé. Que voulez-vous, disent Thorez et Mayer, là « bataille pour la production » n’est pas encore gagnée ! Attendons d’avoir atteint 110 % du niveau de 1938 et on reparlera de tout ça.

Les patrons, eux, n’ont pas attendu cette date lointaine pour ramasser des millions et des millions de bénéfices, pourrait répondre les vieux travailleurs aux dirigeants des grands partis ouvriers. Pourquoi faut-il que nous qui avons travaillé toute notre vie, si durement, nous soyons les seuls à attendre... C’est donc toujours la même chose ?

Oui, c’est toujours la même chose. Faut-il encore un autre exemple ? Voyons ce que fait Maurice Thorez lorsqu’il réorganise la « fonction publique ». Il licencie des fonctionnaires auxiliaires, contractuelle... Mais pas des chefs de bureau ou des directeurs de services, non des modestes employés et surtout des vieux. Au-delà de 65 ans, on est plus bons à rien. À la rue et que l’on ne voit plus dans les ministères ses vieux employés qui, arrivé trop tard dans l’administration, n’ont pu être titularisé... Qu’ils aillent crever chez eux ou mendier dans les couloirs du métro...
Les dirigeants staliniens ont une étrange façon de défendre ceux qui ont peiné toute leur vie.

Un vieux travailleur de Montluçon qui écrit à La Vérité, et dont nous insérons la lettre, à trouver le bon moyen pour que les vieux puissent vivre dignement : il faut prendre un décret, et un seul, appliquant la retraite à tous les vieux et aller chercher l’argent là où il est : chez les riches et les profiteurs de la guerre.

Mais ce décret, camarades, ce n’est pas un gouvernement Bideault-Francisque Gay-Thorez-Moch qui peut le décider, c’est seulement un gouvernement révolutionnaire soutenu par l’action de masse des travailleurs.

« Pour améliorer notre sort »

« Je vous dirais que je suis un ancien militant révolutionnaire. En 1918, dans la ville où j’habitais, j’avais fait le groupe de la IIIe internationale. J’ai même été inquiété pour cela. Dans ces moments-là, c’était la lutte.
Je suis trésorier du groupe des « vieux travailleurs » et je constate que l’on se fout de nous. Croizat a fait avoir la retraite à tous les yeux, mais sans préciser la date, et l’on mange tous les jours ; de plus, tous ceux qui n’ont pas de certificat de cinq ans peuvent crever, car ils n’ont rien. Pour eux, c’est la mort. Ceux qui ont ce qu’il leur faut ne se doute pas de ces cas aussi graves. Je parle même des ouvriers qui gagnent leur vie.
Maintenant, pour les moyens financiers, il parle de faire payer les vieux jusqu’à 60 ans, et même les vieux de 65 ans, s’ils travaillent – et quel travail peut faire un vieux de 65 ans ? Il ne faudra pas nous le réel sur cette retraite que nous attendons avec impatience. Moi qui ai 60 six ans, deux enfants et une femme invalide, j’en sais quelque chose. La loi votée à deux pages ; j’avais vu Waldeck-Rochet quand il était venu à Montluçon et lui avait dit : « il faut un seul article : « tout homme qui, à 60 ans, sa femme 55, et n’a pas de revenus suffisants pour vivre décemment, a droit à la retraite. » Un point. Car, avec les articles suivants, l’on trouve toujours matière à ne pas la donner.

Maintenant, pour financer il faut prendre l’argent où il est : les truste, les enrichit de la guerre et du marché noir, lors des églises et musées s’il le faut. Pour tuer ou pour faire tuer les gens, on trouve toujours de l’argent. Kilisky (Montluçon). »

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Drapeau rouge n° 5

- Chronique de juin 36 (5) : théâtre d’agit-prop. Anticapitaliste, anticlérical, antimilitariste, le groupe Octobre
- Il était un journal : la Vérité des travailleurs (1952)
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- 1973 : Lip, un pas vers la Révolution
- 1943 : des révolutionnaires face au nazisme

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